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Géographie
Située sur le plateau de l’Entre-deux-Mers (70 à 80 m d’altitude), au contact de la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB), la commune de Tresses s’étend entre la RN89 au nord et la RD 936 au sud. Une fraction communale s'étend au-delà de la RD 936 au contact des communes de Bouliac et Carignan. Le cœur de la commune de Tresses se place à mi-distance de ces deux grandes voies de communication : la mairie, l’église, les écoles, divers équipements, un pôle médical et un ensemble de commerces matérialisent cette centralité. Toutefois, les entreprises liées à l’économie de l’agglomération bordelaise s’installent le long de la RD 936 désormais reliée à la rocade.
De TRECIAS à TRESSIS, la forme définitive du nom s'est fixée seulement au XVIe siècle. Il tiendrait son origine de la distance par rapport à Bordeaux : altération du latin « Ad Tres Leucas » à trois lieues. Agrandie de la paroisse de Mélac au XIIIe siècle, doté d'une église romane et d'un clocher fortifié, Tresses était un village d'agriculteurs, la vigne étant présente comme le prouve le plus ancien texte connu, daté de 1260, faisant mention de la vente d’une parcelle viticole.
Aujourd’hui, Tresses connaît une situation comparable à la totalité des communes qui se trouvent sous l’influence de la métropole bordelaise. Elle peut se targuer des caractères d’une commune rurale en raison de l’emprise encore très forte des activités agricoles et des espaces naturels. En même temps, sa population croît principalement au rythme des mouvements migratoires en provenance de l’agglomération bordelaise. Ces nouveaux venus y conservent leur emploi. En 1999, sur 1700 actifs, moins de 300 (une soixantaine d’artisans et de commerçants auxquels il faut ajouter leurs salariés) ont un profession dans la commune de Tresses, tous les autres partent travailler dans l’unité urbaine, c'est-à-dire la CUB et les communes limitrophes.
Quatre fois plus d’habitants sur un demi-siècle
L’évolution de la population sur près de cinquante ans met en évidence le passage d’une commune rurale à celui d’une commune périurbaine. En 1962, Tresses comptait à peine 1 000 habitants répartis entre près de 300 résidences principales. Les indicateurs démographiques étaient positifs : plus de naissances (122) que de décès (80) et un solde migratoire positif. Le recensement de 1968 a enregistré une progression minime de la population (+ 128) reposant toujours sur un solde naturel favorable et l’arrivée de migrants.
Le changement de rythme est intervenu dans les années 1970. Déjà le recensement de 1975 relevait 600 habitants supplémentaires et quelques 200 constructions nouvelles dans des lotissements. Le recensement suivant, en 1982, a confirmé cette tendance : Tresses comptait 1000 résidents de plus, soit 2 695 habitants et quelques 300 nouveaux pavillons. Comme le solde naturel a peu changé (moins de 200 naissances pour un peu plus de 100 décès), il faut chercher du côté des migrations les raisons de cette mutation. La construction de deux nouveaux ponts durant cette décennie a mis la commune à moins de vingt minutes du centre de Bordeaux. Elle peut donc accueillir des familles à la recherche de la nature et disposant d’une voiture. Toutefois, la majorité des nouveaux venus provenait des communes proches de la CUB : Cenon, Floirac et Lormont. Les classes moyennes installées dans les grands ensembles, où des problèmes commençaient à apparaître, ont été attirées par les disponibilités et les prix du foncier. De part et d’autre du centre-bourg, dans les lotissements construits le long de la route départementale reliant Pompignac et Tresses à Cenon, se sont implantées des familles aux revenus modestes.
En 2007, le recensement avance la valeur provisoire de 3 928 habitants, soit un peu de 1 000 de plus qu’en 1982, essor réalisé plus lentement cette fois-ci, en un quart de siècle. La commune demeure toujours très attractive puisque les migrations continuent d’assurer l’essentiel de cette croissance, mais l’implantation des constructions est maintenant sous contrôle.
La commune de TressesAménagement et développement du territoire communal
La stratégie du conseil municipal et de son maire (en place depuis trente ans) consiste à répartir les programmes immobiliers dans le temps afin qu’il ne soit plus nécessaire de construire de nouveaux équipements, scolaires notamment. De plus, une part de ce nouveau bâti doit comprendre des logements sociaux, la commune ne respectant pas encore les impératifs de la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbain). Le POS (plan d’occupation des sols) établi au début des années 1980, transformé récemment en PLU (plan local d’urbanisme) porte cette volonté et encadre les évolutions futures.
Cette planification dans le temps et dans l’espace est d’autant plus aisée que les terres appartiennent à quelques grands propriétaires. Si quelques importantes opérations immobilières (Hameau de Perrin, Les Peupliers, La Séguinie…) résultent de la mise en lotissements d’anciennes terres agricoles, quelques amples domaines viticoles constituent un frein efficace (en raison de leur valeur foncière et financière) à la poussée urbaine et canalisent les zones constructibles le long des principales voies de circulation. Ces vastes ensembles viticoles de plusieurs dizaines d’hectares encerclent le village : entre le centre-bourg et la RN89, les propriétés Sénailhac et Lauduc ; entre le centre-bourg et la limite Pompignac, château Lisenne; s’y ajoutent quelques exploitations plus petites au sud de la RD 936.
De ce fait, l’urbanisation future n’est possible que dans la proximité du centre-bourg, notamment sur une partie des terres inexploitées du Domaine de Palot, ainsi que sur les parcelles comprises entre la route conduisant à Mélac et celle menant à Carignan. La principale opération immobilière actuelle est la ZAC (zone d’action concertée) de la Séguinie où sont associés habitat locatif (dont une majorité de logements sociaux) et individuel. Toute une série d’actions ont renforcé l’attractivité du centre-bourg. Ainsi est née une « allée marchande » où se regroupent aujourd’hui quelques commerces (boucherie, supérette) et surtout un grand nombre de services à la personne : banques et assurances, pharmacie, coiffeurs… En outre, quelques ambulants proposent tous les samedi des produits alimentaires sur le marché qui se tient face à la mairie.
L’achèvement de la rocade rive droite, la mise à deux fois deux voies de la RD 936 de la rocade jusqu'au départ de la future déviation de Fargues-Saint-Hilaire, donnent une réelle attractivité à cet axe pour accueillir des activités économiques consommatrices d’espace. L’implantation d’un Jardiland sur le territoire d'Artigues conforte cette vocation commerciale et artisanale. La plupart des entreprises s’alignent en façade de la route départementale. La présence voyante de deux affaires de transport, l’existence de nombreux garages, de stations d’essence, témoignent de l’ampleur des flux de circulation en raison de la proximité de l’échangeur sur la rocade. Dans une seconde phase, on voit naître des zones d’activités de taille modeste, toutes installées sur la commune de Tresses. Leur remplissage a été lent, mais la demande se fait de plus en plus forte. Les retombées fiscales (taxe professionnelle unique) sont aujourd’hui partagées par l’ensemble des bourgs de la Communauté de Communes des Coteaux bordelais à laquelle adhère Tresses.
La société tressoise
Le rôle des mouvements migratoires dans l’évolution de la population explique en grande partie les caractères démographiques de la population de Tresses. C’est une commune jeune si on se réfère au moins de 25 ans qui représentent un peu plus de 30% des résidents alors que ce pourcentage est de 25% environ pour la France entière. Paradoxalement, le taux de natalité est particulièrement bas (moins de 10‰), en baisse régulière, tout en restant supérieur au taux de mortalité (8‰). Ceci résulte de la venue de jeunes couples avec des enfants. Pour autant, la part des adultes de 25 à 60 ans (55%) est inférieure de 3% à ce que l’on observe pour l’ensemble de la population française parce que les jeunes adultes qui entrent sur le marché du travail quittent la commune. C’est donc la tranche des 40 à 59 ans qui domine avec un peu plus du tiers de la population.
Des données disponibles en 1999 sur la population active il est possible de mettre en exergue que 90% des tressois ont un emploi, valeur sensiblement identique chez les hommes et les femmes. Comme dans le reste du pays, ce sont les jeunes qui ont le plus de mal à décrocher un travail et ce sont eux qui sont le plus souvent en temps partiel. À noter, que le quart de la population active de Tresses est titulaire de la fonction publique, pourcentage plus élevé chez les femmes que chez les hommes.
Le revenu moyen des ménages tressois (2004) s’établit à un peu plus de 21 000 euros par an, valeur sensiblement identique à celle d'Artigues-près-Bordeaux, moindre qu’à Bouliac (plus de 26 000 euros par an), mais près de deux fois plus élevée que les revenus des ménages des communes voisines de la CUB (Cenon, Floirac et Lormont). L’analyse des catégories sociales montre que plus de la moitié de la population active appartiennent au groupe des ouvriers (en recul) et des employés (80% sont des femmes), pour un quart aux professions intermédiaires, le reste se répartissant entre les cadres (12%) et les artisans/commerçants. Au recensement de 1999, on ne compte plus que quatre agriculteurs déclarés. Cette composition sociale n’est guère éloignée de celle observée en France. La principale particularité tient au fait que 80% des habitants de Tresses sont propriétaires de leur résidence principale, ce qui témoigne d’une réelle capacité d’investissement, surtout depuis une dizaine d’années en raison de la flambée des prix sur le foncier et le bâti. Le nombre des locataires (environ 20%) s’accroît en relation avec l’effort réalisé pour proposer des logements sociaux et permettre aux jeunes ménages de demeurer sur la commune.
Si les tressois font leurs achats dans les grandes surfaces de l’agglomération, si leur vie culturelle bénéficie de l’offre de la ville de Bordeaux et de quelques communes de la CUB, ils ont aussi une vie sociale très forte sur leur territoire en s’impliquant dans un nombre élevé d’associations et en profitant d’une multitude d’activités de loisirs. En raison de la jeunesse de la population, du dynamisme des adultes, la demande est très forte. La commune a dû investir dans de coûteux équipements pour satisfaire cette demande en constante progression : salle de basket, terrains de tennis couvert, stade de football, salle polyvalente, « maisons » pour loger les différentes associations. Ainsi, plusieurs immeubles du centre-bourg ont été achetés pour répondre à cette demande. Cet effort se vérifie aussi sur le plan des commerces et des services qui ont été fixés au cœur du bourg pour en accroître la centralité.
Tresses: dynamiques et planificationPerspectives
Le PLU qui table sur 6 000 habitants à Tresses à l’horizon 2020, consacre la poursuite du développement des activités économiques le long de la RD 936 et affirme vouloir préserver l’environnement et la vocation viticole. Ces objectifs paraissent réalistes au regard de l’évolution au cours des vingt dernières années. Toutefois, ils pourraient être contrariés ou réorientés en raison des dynamiques à l’œuvre sur l’ensemble de l’agglomération bordelaise.
L’accélération de l’étalement urbain dans les communes de l’Entre-deux-Mers induira forcément des pressions sur le territoire Tressois en relation avec la croissance des flux de circulation. Si la commune n’est pas directement concernée par les déplacements qui transitent par la voie rapide en provenance du Libournais, il n’en est pas de même de la RD 936 empruntée par des rurbains qui s’installent de plus en plus loin au rythme de la montée des prix du foncier et des terrains disponibles dans les communes rurales. Ce trafic de plus en plus dense (plus de 15 000 véhicules par jour en 2004) a nécessité la mise à deux fois deux voies depuis la rocade tandis que la déviation de Fargues-Saint-Hilaire s’annonce à l’horizon 2010-2015 afin de faire disparaître le bouchon qui paralyse cette commune aux heures de pointe. Non seulement la RD 936 supportera des trafics intolérables pour toute vie résidentielle, mais il est à craindre en plus, dans la continuité de la situation actuelle, que le développement du bâti, tant en limite de voirie que dans les zones d’activités proches, offre tous les défauts de l’urbanisme non-maîtrisé des entrées de ville.
En outre, le reste du territoire communal n’est pas à l’abri des transferts de circulation. En premier lieu, la RD 241, qui dessert toute une série de zones habitées (Sallebœuf, Pompignac, Tresses, une partie d'Artigues), voit son débit augmenter au rythme des constructions qui se multiplient dans les communes. Cette voie est aussi utilisée chaque fois que des difficultés de circulation se manifestent sur la RD 936, notamment dans le franchissement de Fargues-Saint-Hilaire car elle constitue un moyen de rejoindre Bordeaux-centre ou de se connecter à la rocade. Si les récents travaux sur la RD 241 freinent la vitesse des véhicules et sécurisent la traversée du bourg de Tresses, il n’en reste pas moins que le trafic devrait continuer de croître. Plus déterminant encore, la RD 241E3, parallèle à la rocade, est empruntée par les véhicules chaque fois que cette dernière et, par ricochet, la voie rapide en direction de Libourne enregistrent des embarras de circulation. Là encore le nombre de véhicules progresse régulièrement. Les éléments qui précèdent montrent que Tresses est tout à la fois aux portes de la CUB et de l’Entre-Deux-Mers. Les réflexions sur les orientations futures devront s’inscrire dans ces contraintes. Se pose déjà et se posera encore plus dans le futur la question des liens que la commune entretiendra avec le cœur du noyau urbanisé de l’agglomération de Bordeaux. La majeure partie des actifs y travaille tandis que d’autres salariés, dans d’autres communes, viennent travailler à Tresses. Ce chassé-croisé prendra de l’ampleur avec la construction de nouvelles zones d’activités dans le cadre de l’intercommunalité. La dispersion de l’habitat en raison du modèle pavillonnaire rend difficile le développement des transports en commun comme le montre le taux d’occupation médiocre sur les dessertes départementales, mises en place par la Conseil Général, transitant par Tresses.
Enfin, si la planification territoriale est un facteur indispensable en matière de maîtrise de l’aménagement, de prévision dans le développement économique et de préservation de l’environnement, il n’a jamais empêché que l’urbanisation progresse dans les espaces les mieux protégés. Il n’est qu’à observer ce que sont devenus les coulées vertes dans le schéma directeur de l’agglomération bordelaise ! La commune de Tresses est en première ligne, au contact des communes de la CUB déjà très fortement et souvent très densément occupées. Nul doute que la réflexion sur son avenir passe par une analyse intégrant une perception plus globale des dynamiques territoriales sur les marges de la métropole.






